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Indemnités des maires : ce que dit la loi, de la petite commune à la grande ville 

indemnités des maires

À quelques semaines des élections municipales 2026, de nombreux candidats s’interrogent sur les conditions matérielles de l’exercice du mandat de maire. Quelles sont les indemnités auxquelles peut prétendre un maire en fonction de la taille de sa commune ? Quelle est la base légale de ces rémunérations ? Cet article fait le point complet, chiffres à l’appui, sur le régime indemnitaire des maires en France, les différences entre petites et grandes communes, les possibilités d’ajustement et les droits sociaux qui y sont associés. 

Être maire, c’est un engagement souvent total au service de sa commune. Mais derrière cette mission essentielle à la vie démocratique locale se cache aussi une question bien concrète : comment est indemnisé un maire en France ? Pour les petites communes rurales comme pour les grandes villes, la loi fixe un cadre précis. Et si les montants varient considérablement selon la taille de la collectivité, les responsabilités, elles, sont bien réelles partout. Voici tout ce qu’il faut savoir pour aborder ce mandat en toute transparence. 

Indemnités des maires : ce que prévoit la loi 

Les indemnités des maires sont encadrées par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), en particulier les articles L2123-20 à L2123-24-1 (1). Elles visent à compenser le temps consacré à la gestion municipale, sans être considérées comme un salaire. 

Une indemnité de fonction, pas un salaire

 Les indemnités des élus locaux, y compris des maires, sont non imposables dans certaines limites (article 81 du Code général des impôts (2)), bien qu’elles soient soumises aux cotisations sociales. Elles ne constituent pas un salaire au sens du Code du travail : devenir maire ne fait pas de vous un salarié de la commune. 

En 2024, d’après l’Assemblée nationale (6), les plafonds légaux pour les maires étaient : 

  • Moins de 500 habitants : 1 048,20 € brut (25,5 % de l’indice) 
  • 100 000 habitants et plus : 5 960,30 € brut (145 %) 

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Gatel, les plafonds légaux pour les maires sont :

  • Moins de 500 habitants : 1 155,06 € brut (28,11 % de l’indice) 
  • 100 000 habitants et plus : 5 960,30 € brut (145 %) 

À noter : 

  • Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le montant maximum est garanti de plein droit : seul le maire peut désormais solliciter une réduction par demande écrite.
  • Les indemnités peuvent être cumulées avec d’autres mandats dans les limites du plafond annuel des traitement bruts d’un conseiller d’État en service ordinaire. 
  • Le montant peut être réduit en cas d’absences répétées non justifiées du maire aux réunions officielles (article L2123-24-2 CGCT (7)). 

Qui décide du montant exact ? 

Dans la plupart des cas, le conseil municipal fixe l’indemnité par délibération, dans la limite du plafond légal. Cette délibération doit être publique, inscrite à l’ordre du jour et votée à la majorité absolue

Dans les petites communes (moins de 1 000 habitants), l’indemnité maximale est désormais la règle impérative. Le Conseil municipal ne peut plus voter une baisse de cette indemnité de sa propre initiative : seul le maire peut renoncer à une partie de son indemnité par une demande écrite et explicite, afin de protéger l’élu contre des pressions budgétaires du conseil. 

Charges sociales et fiscalité 

  • Les indemnités de fonction sont soumises aux cotisations sociales obligatoires (Contribution sociale généralisée (CSG), contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), retraite de base et complémentaire IRCANTEC). 
  • Elles sont partiellement exonérées d’impôt sur le revenu (jusqu’à un certain plafond fixé par l’administration fiscale). 
  • Les élus locaux relèvent du régime général de la Sécurité sociale, sauf en cas de statut spécial (fonctionnaire en disponibilité, retraité, etc.). 
  • La Loi Gatel a également réindexé le montant de l’abattement fiscal (FRFE). Pour 2026, cette fraction est portée à 1 600 € par mois (montant indicatif selon les derniers décrets) pour un élu ne bénéficiant pas de frais de représentation.

Petites communes vs grandes villes : des écarts de réalité 

Si la grille des indemnités est théoriquement claire, la réalité du terrain diffère fortement entre un maire de 300 habitants et celui d’une ville de 100 000 : 

  • Dans les petites communes, l’indemnité reste souvent symbolique par rapport au temps consacré (souvent bénévole à temps plein). 
  • Dans les villes moyennes et grandes, les indemnités permettent un engagement professionnel quasi exclusif dans le mandat. 
  • En outre, les moyens matériels (cabinet, collaborateurs, véhicules, etc.) varient considérablement selon la taille de la commune. 

La loi Gatel : une revalorisation progressive et ciblée

La loi Gatel, entrée en vigueur en janvier 2026, marque une étape historique dans la reconnaissance de l’engagement local en France. Conçue pour répondre à la « crise des vocations » et à la complexité croissante des missions municipales, elle instaure un véritable statut de l’élu local.

L’une des mesures phares de la réforme est la revalorisation ciblée des indemnités des maires, visant à compenser la charge de travail et l’inflation pour les élus des communes de petite et moyenne taille.

Contrairement aux précédentes révisions, la loi Gatel privilégie une approche dégressive pour soutenir prioritairement les territoires ruraux.

Les nouveaux plafonds d’indemnités augmentent selon les strates suivantes :

  • + 10 % pour les communes de moins de 1 000 habitants ;
  • + 8 % pour les communes de 1 000 à 3 499 habitants ;
  • + 6 % pour les communes de 3 500 à 9 999 habitants ;
  • + 4 % pour les communes de 10 000 à 19 999 habitants.

À noter : 

  • Au-delà de 20 000 habitants, les barèmes restent inchangés : cette réforme se concentre sur les 98 % de communes françaises où l’engagement est souvent le plus chronophage au regard des moyens disponibles.
  • Prise en charge des frais : la loi rend désormais obligatoire le remboursement des frais de garde d’enfants et d’assistance pour les élus des communes de moins de 10 000 habitants (contre 3 500 auparavant) lorsqu’ils participent à des réunions officielles.

Tableau récapitulatif des indemnités de fonction brutes mensuelles des maires 

(Valeur du point d’indice au 1er janvier 2026) –Source 

Majoration maximale de l’indemnité des maires de communes de 100 000 habitants et plus : 40 % 

POPULATION 
(nombre d’habitants) 
TAUX 
(en % de l’IB 1027) 
INDEMNITÉ BRUTE  2026MONTANT ANNUEL BRUT 2026
Moins de 500 28,11 155,06  €13 860,69 €
De 500 à 999 44,31 820,96  €21 851,55 €
De 1 000 à 3 499 55,72 2 89,56 €27 474,74 €
De 3 500 à 9 999 58,32 396,44  €28 757,23 €
De 10 000 à 19 999 67,62 778,71€33 344,57 €
De 20 000 à 49 999 90 3 699,47  €44 393, 66 €
De 50 000 à 99 999 110 4 521,58  €54 258,92 €
100 000 et plus (y compris Marseille et Lyon) 145 5 960,26  €71 523,12 €
Maires d’arrondissement (Marseille et Lyon) 72,5 2 980,13 € 35 761,56 €

Le FONPEL : un outil de retraite complémentaire pour les maires 

le dispositif Fonpel

Le FONPEL (Fonds de pension des élus locaux) est un dispositif facultatif de retraite supplémentaire par capitalisation, destiné aux élus percevant une indemnité de fonction.

Créé en 1992, il permet aux maires, adjoints ou conseillers municipaux de constituer une retraite supplémentaire.  L’élu cotise volontairement, et la commune peut abonder à hauteur équivalente, dans la limite d’un plafond légal.  La rente est versée à la fin du mandat, en complément des autres droits à la retraite. 

Bon à savoir

Le FONPEL est souvent méconnu mais peut être un vrai plus pour sécuriser sa situation personnelle, surtout si l’on réduit ou abandonne une activité professionnelle pour se consacrer au mandat. 

Indemnités des maires : une réalité à anticiper 

Les indemnités des maires sont un sujet important à connaître avant de démarrer son mandat de maire. Si elles ne remplacent pas un revenu classique dans les petites communes, elles permettent néanmoins une reconnaissance du temps et de l’énergie consacrés au mandat. En s’informant sur les droits, les dispositifs comme le FONPEL, et les règles sociales applicables, chaque futur maire peut aborder son mandat avec plus de clarté… et moins de surprises. 

Sources officielles 

  1. Code général des collectivités territoriales (CGCT), articles L2123-20 à L2123-24-1 sur les indemnités des élus locaux municipaux 
  2. Article 81 du Code général des impôts sur l’exonération fiscale partielle des indemnités 
  3. Loi n°2019-1461 du 27 décembre 2019 dite “Engagement et proximité” sur le renforcement des droits des maires 
  4. Décret n°2020-162 du 27 février 2020 qui établit le barème des indemnités municipales 
  5. Articles L2123-23 et L2123-24 du Code général des collectivités territoriales sur les montants maximaux des indemnités 
  6. Plafonds légaux pour les maires d’après l’Assemblée nationale 
  7. Article L2123-24-2 CGCT sur la réduction des indemnités des maires pour absences 
  8. LOI n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local (1)

FAQ 

Peut-on refuser son indemnité de maire ? 

Oui. Un maire peut renoncer à tout ou partie de son indemnité, temporairement ou sur toute la durée du mandat. Cette décision n’est pas irrévocable. 

L’indemnité des maires est-elle imposable ? 

Partiellement. L’indemnité des maires est exonérée dans la limite d’un certain plafond (soumis à conditions). Le reste est soumis à l’impôt sur le revenu. 

Peut-on cumuler l’indemnité de maire avec un autre revenu ? 

Oui, on peut cumuler l’indemnité de maire avec un autre revenu, sauf en cas d’incompatibilité statutaire (fonction publique, entreprise publique, etc.). Des plafonds s’appliquent en cas de cumul de mandats électifs. 

La commune peut-elle fixer une indemnité plus élevée que le barème légal ? 

Non, pas de manière arbitraire.

Le montant maximal est fixé par la loi et le conseil municipal ne peut pas voter un montant supérieur simplement pour récompenser l’activité d’un élu. Cependant, ce plafond peut être relevé via des majorations spécifiques prévues par le CGCT. Ces suppléments sont réservés aux communes présentant des contraintes particulières :

  • Classement en station de tourisme,
  • Qualité de chef-lieu (département, région, canton),
  • Attribution de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU),
  • Communes sinistrées.

Dans ces cas précis, le maire peut percevoir une indemnité dépassant le barème standard, dans la limite des taux de majoration autorisés.

Et si le maire est fonctionnaire ? 

Si le maire est fonctionnaire, il peut demander une mise en disponibilité. Il continue alors à cotiser à certaines caisses selon son statut, mais ne perçoit pas son traitement pendant ce temps. 


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