
Contraception, fertilité, grossesse et accouchement, prévention et dépistage des infections sexuellement transmissibles et des cancers : les missions du gynécologue-obstétricien sont aussi essentielles que variées. Tout ce qu’il faut savoir avant de choisir ce métier aussi exigeant que passionnant.
À retenir : Quelques chiffres
- 5565 gynécologues-obstétriciens en activité en France au 1er janvier 2026 ,
- 12 années d’études pour exercer ,
- 65 % de femmes au sein de la profession ,
- 46 % exercent comme salariés, 37 % en libéral et 17 % en exercice mixte .
Quelle est le rôle du gynécologue obstétricien ?
Le gynécologue-obstétricien est un médecin spécialisé dans la santé féminine. Son rôle est d’accompagner la femme dans toutes les étapes de sa vie :
- Suivi gynécologique régulier afin de prévenir les cancers féminins (du sein, de l’ovaire ou encore de l’utérus),
- Contraception,
- Prévention, dépistage et traitement des infections sexuellement transmissibles (IST),
- Accompagnement de l’infertilité, avec le recours à la procréation assistée par exemple,
- Gestion des grossesses non-désirées.
L’accompagnement et le contrôle de la grossesse occupent une place importante dans ses missions, du développement de l’embryon au dépistage de malformations, en passant par le suivi des grossesses à risque et les examens concernant la future maman. Il joue également un rôle majeur dans l’accouchement en cas de complication et choisit la solution la plus sûre pour la santé du bébé et de la parturiente. Il assure enfin les suites de la naissance et le suivi de la maman après l’accouchement.
Bon à savoir
Contrairement au gynécologue-obstétricien, le gynécologue médical se concentre sur le suivi de la santé féminine de la puberté à la ménopause et le traitement des pathologies, sans intervention chirurgicale.
Témoignage
Entre chirurgie, médecine et relation humaine, Dr Pierre Raynal, Gynécologue Obstétricien au Centre Hospitalier de Versailles, raconte ce qui l’a conduit à exercer cette spécialité. Découvrez son témoignage sur notre Instagram Bloc Op.
Quelles sont les missions réalisées par le gynécologue-obstétricien ?
Le gynécologue-obstétricien endosse de nombreuses missions, notamment l’accompagnement des femmes enceintes du début à la fin de leur grossesse. Il suit le développement de l’embryon puis du fœtus ainsi que la santé de la future maman lors de visites régulières qui permettent :
- De détecter les éventuelles malformations du bébé (cérébrales, cardiaques, anomalies génétiques).
- De s’assurer que la grossesse se déroule normalement chez la femme enceinte (contrôle du placenta, de l’utérus, du col de l’utérus…).
Le suivi de la grossesse repose notamment sur des examens cliniques, biologiques et des échographies réalisées à différentes étapes de la grossesse. Au sein d’un hôpital ou d’une clinique, le gynécologue-obstétricien peut aussi superviser l’accouchement pratiqué par une sage-femme et intervenir en cas de complication, notamment en pratiquant une césarienne ou, lorsque la situation le nécessite, certains gestes obstétricaux comme une épisiotomie.
Mais les missions du gynécologue-obstétricien ne se limitent pas au seul périmètre de la grossesse. Ce spécialiste suit la femme dans toutes les étapes de sa vie et l’accompagne dans sa sexualité et sa contraception, qu’elle soit temporaire ou définitive. Il peut également intervenir dans la prise en charge de l’infertilité et l’assistance médicale à la procréation (AMP).
La prévention est la dernière facette de ses nombreuses missions : il participe notamment au dépistage des cancers gynécologiques et du cancer du sein, prescrit ou recommande les examens adaptés et contribue à la prévention des infections à papillomavirus humain (HPV), notamment par la vaccination.
Les études pour devenir gynécologue-obstétricien
Pour devenir gynécologue-obstétricien, il faut compter 12 années d’études après le baccalauréat. La formation comprend un premier cycle d’études médicales, un deuxième cycle réalisé en externat et un internat de six ans menant au diplôme d’études spécialisées (DES) de gynécologie-obstétrique.
La première année en PASS ou LAS
L’accès aux études de médecine se fait par une première année réalisée soit en Parcours accès spécifique santé (PASS), soit en Licence avec option accès santé (LAS). Ces deux parcours constituent les principales voies d’accès aux études de santé en 2026.
Alors que le PASS est composé d’une majeure en santé complétée par une mineure dans une autre discipline (droit, psychologie, sciences…) la LAS repose sur une licence classique enrichie d’une option santé. Au cours de cette première année, les étudiants acquièrent les bases scientifiques nécessaire pour poursuivre leur cursus. Biologie cellulaire, anatomie, physiologie, biochimie, santé publique ou encore biophysique sont au programme.
L’accès à la 2ème année est conditionné par les résultats obtenus lors des examens. Le nombre de places est fixé chaque année par les universités, selon les besoins de formation des professionnels de santé.
Le DFGSM (2ème et 3ème année)
Les étudiants admis poursuivent leur formation avec le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (DFGSM) qui correspond au 2 et 3èmes années des études de médecine. Cette période permet de consolider les connaissances fondamentales acquises en première année, tout en s’initiant à la pratique clinique.
En parallèle des cours magistraux et des travaux dirigés, les étudiants réalisent leurs premiers stages à l’hôpital pour se familiariser avec le fonctionnement des différents services, les équipes médicales et développer leurs compétences relationnelles auprès des patients.
L’externat ou DFASM (de la 4ème à la 6ème année)
Le Diplôme de formation approfondie en sciences médicales (DFASM) constitue le deuxième cycle des études pour devenir gynécologue-obstétricien. Pendant ces 3 ans, l’étudiant devient externe et alterne enseignements universitaires et stages à l’hôpital, avec une implication plus poussée dans la prise en charge des patients.
Supervisés par des praticiens, les externes participent aux consultations, aux visites hospitalières, aux gardes et à certains gestes techniques. Ce cycle permet aussi la préparation des EDN, les Épreuves Dématérialisées Nationales dont les résultats orientent l’affectation dans la spécialité et la subdivision d’internat. Les étudiants passent enfin des examens cliniques pour évaluer leurs compétences pratiques et leur capacité à réagir face à des cas concrets.
Le troisième cycle de gynécologie-obstétrique (6 ans)
C’est la dernière et la plus longue des étapes de la formation pour devenir gynécologue-obstétricien. Elle dure 6 ans et permet d’obtenir le DES de gynécologie-obstétrique. L’interne effectue des stages dans des maternités, des services de chirurgie gynécologique, d’urgences, d’oncologie, de médecine fœtale ou encore d’assistance médicale à la procréation pour parfaire ses connaissances. La formation est organisée en trois phases.
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La phase socle
Elle correspond à l’acquisition des compétences essentielles, toujours sous la supervision de praticiens seniors :
- Réaliser des consultations de gynécologie,
- Assurer le suivi des grossesses physiologiques,
- Prendre en charge les urgences obstétricales courantes,
- Prendre part aux accouchements,
- Pratiquer la chirurgie gynécologique.
La phase d’approfondissement
Elle permet de gagner en autonomie grâce à la prise en charge de davantage de missions :
- Les grossesses pathologiques,
- Les patientes présentant des pathologies gynécologiques complexes,
- Les interventions chirurgicales techniques,
- Les gardes en maternité et au bloc obstétrical.
Les responsabilités du futur praticien augmentent progressivement, tout en restant encadrées par les médecins du service.
La phase de consolidation
La dernière phase correspond au statut de docteur junior : le médecin exerce avec un niveau d’autonomie renforcé, tout en bénéficiant d’une supervision adaptée. Il prend en charge des consultations, des interventions chirurgicales et assure des gardes avec des responsabilités proches de celle d’un praticien confirmé. Cette consolidation doit permettre une transition fluide vers l’exercice professionnel, que ce soit en milieu hospitalier ou en libéral.
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Quel est le salaire d’un interne ?
La rémunération évolue au cours du troisième cycle selon le statut et l’année de formation. Elle intègre une rémunération de base qui varie selon le statut et l’année de formation :
| Année du DES | Statut | Rémunération brut mensuelle de base* |
|---|---|---|
| 1ère année | Interne | 1617 € |
| 2ème année | Interne | 1790 € |
| 3ème année | Interne | 2367 € |
| 4ème année | Interne | 2369 € |
| 5ème année | Docteur junior – 1re année de consolidation | 2375 € |
| 6ème année | Docteur junior – 2ème année de consolidation | 2375 € |
Source : Legifrance. Montants bruts mensuels indicatifs calculés à partir des émoluments réglementaires annuels.
À ce salaire brute s’ajoutent ou peuvent s’ajouter différentes indemnités et prime :
- Des indemnités de garde,
- Des indemnités d’astreinte,
- Des majorations liées au travail de nuit, du dimanche et jours fériés,
- Des primes selon le lieu d’exercice.
Bon à savoir
Comme tout médecin en formation exerçant au contact des patients, l’interne en médecine peut voir sa responsabilité engagée dans le cadre de son activité. Avec Relyens, vous bénéficierez de toutes les garanties nécessaires pour protéger le début de votre carrière de médecin et vous concentrer sur vos missions en toute sérénité.
L’obtention du DES et la thèse
Au cours du troisième cycle, le futur gynécologue-obstétricien doit valider les stages, enseignements et compétences prévus par le DES. Avant son entrée en phase de consolidation et l’obtention du statut de docteur junior, il doit avoir soutenu sa thèse et obtenu le diplôme d’État de docteur en médecine.
Une fois le DES validé et la thèse soutenue, le médecin peut demander son inscription au tableau de l’Ordre des médecins : une étape indispensable pour exercer en qualité de gynécologue obstétricien, que ce soit en hôpital, dans une clinique privée, en cabinet libéral ou dans le cadre d’un exercice mixte.
Quelles sont les évolutions de carrières possibles ?
Une fois diplômé, le gynécologue-obstétricien dispose de nombreuses possibilités pour faire évoluer sa carrière selon son mode d’exercice et les compétences qu’il souhaite développer.
Il peut évoluer vers des missions d’encadrement en devenant chef de service ou responsable d’une unité spécialisée. Il peut aussi choisir une carrière hospitalo-universitaire qui associe activité clinique, enseignement auprès des étudiants en médecine, et recherche scientifique.
Autre possibilité : se spécialiser dans un domaine spécifique comme la médecine fœtale, le diagnostic prénatal, l’oncologie gynécologique, la sénologie… Les besoins en gynécologie-obstétrique restent importants sur de nombreux territoires, dans les secteurs publics comme privé.
La gestion du risque médico-légal en gynécologie-obstétrique
La gynécologie obstétrique est reconnue comme l’une des spécialités médicales les plus exposées au risque médico-légal. Les décisions prises par le soignant concernent aussi bien la santé de la mère que celle de l’enfant à naître, avec des situations qui peuvent évoluer très vite et nécessiter une intervention urgente. Les principaux risques concernent :
- Les complications liées à la grossesse,
- Les urgences obstétricales (souffrance fœtale, hémorragie…),
- Les actes chirurgicaux gynécologiques,
- Les erreurs ou retards de diagnostic,
- Les complications liées à l’accouchement,
- Les défauts d’informations.
Pour les gynécologues-obstétriciens exerçant à titre libéral, la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle médicale est obligatoire. Elle permet de couvrir les conséquences financières d’éventuelles réclamations et de bénéficier d’un accompagnement juridique adapté.
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Quel est le salaire moyen d’un gynécologue obstétricien ?
La rémunération d’un gynécologue-obstétricien dépend de plusieurs critères :
- Son mode d’exercice,
- Son expérience,
- Son secteur conventionnel,
- Sa localisation géographique,
- Son volume d’activité s’il est libéral,
- La réalisation ou non d’actes chirurgicaux et d’accouchements.
À l’hôpital public, cette rémunération dépend d’une grille statutaire des praticiens hospitaliers : elle progresse au fil des années et de l’expérience, et peut augmenter grâce aux gardes, aux astreintes réalisées et aux responsabilités exercées.
En libéral, les revenus sont beaucoup plus variables et dépendent de l’activité du cabinet, des honoraires pratiqués, des charges professionnelles et de la part dévolue aux consultations, à la chirurgie et aux accouchements.
À titre indicatif, à l’hôpital public, la rémunération de base d’un praticien hospitalier varie selon son échelon. Elle s’étend de 55 607,79 € brut par an au 1er échelon à 112 416,56 € brut par an au 13e échelon, soit environ 4 634 € à 9 368 € brut par mois.
À cette rémunération peuvent s’ajouter différentes indemnités, notamment liées aux gardes, aux astreintes ou à l’exercice territorial. En libéral, il n’existe pas de salaire fixe : les revenus dépendent notamment du volume d’activité, des honoraires perçus et des charges professionnelles.
Les différents statuts d’exercice
Projet professionnel, équilibre de vie, recherche de liberté ou de sécurité : autant d’éléments qui peuvent guider le gynécologue-obstétricien au moment de choisir son statut d’exercice.
Praticien hospitalier
Il exerce au sein d’un établissement public de santé et prend notamment en charge :
- Les consultations spécialisées,
- Le suivi des grossesses,
- Les accouchements,
- Les interventions chirurgicales,
- Les gardes et astreintes.
Le travail en équipe pluridisciplinaire est au cœur de son quotidien. Il collabore avec des sage-femmes, des anesthésistes-réanimateurs, des pédiatres, radiologues et biologistes pour assurer le suivi optimal des patientes. L’exercice en milieu hospitalier offre aussi la possibilité de participer à des activités de recherche, d’enseignements ou de se spécialiser dans un centre prenant en charge les grossesses à haut risque.
Installation en libéral
Dans son cabinet ou au sein d’une structure existante, le gynécologue-obstétricien peut s’installer en libéral pour bénéficier d’une plus grande autonomie dans l’organisation de son activité, ses horaires et sa pratique. Il assure principalement :
- Les consultations de gynécologie,
- Le suivi des grossesses,
- Les actes techniques réalisés au cabinet,
- Le suivi post-partum.
Selon les cas, il peut également pratiquer des accouchements et des actes chirurgicaux dans des cliniques privées avec lesquelles il collabore.
Offrant davantage de liberté que l’exercice à l’hôpital, le statut libéral implique en revanche de gérer les aspects administratifs, comptables et organisationnels du cabinet. Il demande aussi un investissement financier important pour l’équipement des locaux et l’achat d’appareils médicaux.
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Exercice mixte
L’exercice mixte offre un bon compromis entre le statut libéral et le statut salarié. Le gynécologue-obstétricien peut ainsi répartir son activité entre l’hôpital ou la clinique, et son cabinet. Cette organisation a plusieurs atouts :
- Bénéficier d’une plus grande diversité de missions,
- Continuer à pratiquer la chirurgie et l’obstétrique,
- Développer sa patientèle en consultation,
- Profiter de davantage de souplesse pour organiser son activité.
Bon à savoir
L’exercice mixte permet aussi de créer une continuité de suivi pour les patientes enceintes, entre les consultations et la prise en charge hospitalière au moment de l’accouchement
Quelles sont les qualités et compétences requises pour réussir dans cette spécialité ?
La gynécologie-obstétrique est une spécialité exigeante, qui mobilise à la fois des compétences médicales, techniques et humaines. Les praticiens accompagnent les femmes à des moments importants, parfois dans des situations complexes, urgentes ou difficiles. Plusieurs qualités sont requises pour exercer cette profession :
- De solides compétences scientifiques,
- Une excellente capacité d’analyse, en particulier dans les situations d’urgence,
- Une parfaite maîtrise des gestes techniques et chirurgicaux nécessitant rigueur, précision et coordination,
- Des qualités d’écoute, de pédagogie, d’empathie et de bienveillance pour créer et maintenir un climat de confiance avec les patientes, sur des sujets qui nécessitent parfois beaucoup de tact et d’accompagnement (infertilité, interruption de grossesse, deuil périnatal…),
- Une excellente résistance au stress,
- Une grande disponibilité pour gérer les gardes, astreintes et urgences, qui font partie intégrante du soignant en hôpital et pendant son apprentissage,
- Une aptitude pour le travail en équipe afin de communiquer efficacement avec les autres professionnels de santé pour optimiser le suivi des patientes,
- L’envie d’apprendre en continu et de se former pour maintenir ses compétences à jour, tout au long de sa carrière.
Témoignage
Quels enseignements tire-t-on de ses premières années de pratique ? Découvrez le témoignage du Dr Pierre Raynal, Gynécologue Obstétricien au Centre Hospitalier de Versailles sur notre instagram Bloc op.



